Homère est l’auteur de l’Iliade et l’Odyssée. Ou pas.

Homère, un nom que l’on célèbre encore aujourd’hui ! Homère passe pour avoir écrit les deux premières œuvres de la littérature occidentale : l’Iliade et l’Odyssée. Cette affirmation tend pourtant a être de plus en plus remise en question. L’immense poète a-t-il écrit ces textes ?  A-t-il seulement existé ?

Qui est Homère ?

Et si Homer était plus réel que Homère ? C’est fort probable ! Le personnage des Simpsons accumule d’ailleurs bien plus de données vérifiées que l’auteur grec – notamment sur Wikipedia où les citations concernant le père de famille gaffeur du cartoon dépasse celles de l’Hellène !)

Homère
Statue représentant Homère

L’Homère d’alors est un aède (poète chanteur) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. Depuis l’antiquité, son origine a maintes fois été l’objet de débats. Tout le monde s’accorde toutefois sur un point : Homère est aveugle. Un détail qui ne surprend plus lorsque l’on sait que la cécité est très communément associée aux poètes dans la littérature grecque.

Plusieurs biographies sur le fameux poète ont été écrites pendant l’antiquité, mais ces dernières se sont révélées comme n’étant pas pertinentes. A l’époque, les récits étaient racontés sous contrat, pour un commanditaire, comme les chanteurs modernes dans leurs tournées. Ce qui rend ces textes peu objectifs… Il est donc difficile d’établir si Homère est un véritable individu historique, ou une identité légendaire construite.

La « Question Homérique »

C’est à partir du XVIIIe siècle que les premières sérieuses remises en questions débutent. Si dès l’antiquité certains doutent du fait qu’Homère puisse être l’auteur de l’Iliade et l’Odyssée, personne ne contestait l’existence même de l’auteur.

Homère
Friedrich August Wolf (1759-1824) lance la question homérique en 1795.

L’abbé d’Aubignac, dans Conjectures académiques ou Dissertation sur l’Iliade, est le premier à évoquer cette possibilité en 1715. Mais c’est surtout au XIXe siècle que la « Question Homérique » explose. Le doute est lancé par le philologue allemand Friedrich August Wolf. Dans Prolegomena ad Homerum, il lance l’idée qu’Homère n’existe pas et que l’Iliade et l’Odyssée est en fait un recueil de poèmes, issues d’une tradition orale, et rassemblée par plusieurs poètes.

Une vive polémique s’ensuit et crée deux camps : les unitaristes vs les analystes.

  • Les unitaristes considèrent ces deux épopées comme esthétiques, et donc réalisée par un seul auteur unique : Homère ou un autre.
  • Les analystes, de leur côté, acceptent les analyses de Wolf. Ils considèrent qu’il faut distinguer plusieurs étapes de composition, et que les épopées ont été transformée dans le temps.
On suppose que…

La théorie la plus admise est que l’Iliade et l’Odyssée sont issus de récits oraux. Un ou plusieurs poètes les auraient rassemblés puis composés pour en faire des recueils cohérents. L’Iliade entre 850 av. J.-C. et 750 av. J.-C. et l’Odyssée à la fin des années 700 av. J.-C.

Homère
Achille sacrifiant à Zeus, manuscrit de l’Iliade de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan (ve siècle).

Homère pourrait aussi être le nom d’un collectif selon Pierre Judet de La Combe. Dans Homère, il considère que la cohérence des deux récits fait qu’il y a forcément un auteur. Mais , cet auteur pourrait être un collectif de poètes : Une école plus précisément. Ils auraient créés l’équivalent d’un pitch, comme les séries que l’on suit de nos jours. « Chaque épisode a néanmoins sont autonomie », et chaque « saison » peut se déguster séparément…

On attend le prochain épisode avec impatience !

1 Commentaire

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  1. 1
    Anwen

    Bonjour,
    Quelques mots peu ordinaires sur Homère et l’Iliade.
    Homère est un de ces auteurs sur lesquels les historiens ne nous donnent que des renseignements vagues, ce qui peut sembler étrange, étant donné l’exagération avec laquelle ils chantent les louanges des hommes.
    Le voile jeté sur cette grande personnalité a amené Vico, au XVIIIème siècle, à considérer Homère comme un mythe ; ce à quoi Fabre d’Olivet répond (La Langue Hébraïque restituée, T. 1, Introduction, p. XXVI.) : « On a dit qu’Homère était un être fantastique, comme si l’existence de l’Iliade et de l’Odyssée, ces chefs-d’œuvre de la pensée, n’attestaient pas l’existence de leur auteur ! Il faut être bien peu poète et savoir bien mal ce que c’est que l’ordonnance et le plan d’une œuvre épique pour penser qu’une troupe de rapsodes, se succédant les uns aux autres, puisse jamais arriver à l’unité majestueuse de l’Iliade ».
    Cette façon d’attribuer l’œuvre de cet auteur à plusieurs poètes, l’insistance mise à cacher sa personnalité, tout cela ajouté à d’autres faits, surtout l’altération de l’œuvre, a donné à penser que cet auteur mystérieux, si bien caché par l’histoire, était une femme, et c’est ce qui explique pourquoi l’existence d’Homère a été donnée comme incertaine à l’époque où les hommes s’appliquaient à détruire les œuvres féminines et à effacer leur nom de l’histoire.
    Au XVIIIème siècle, on ne croyait plus à la personnalité d’Homère. L’abbé d’Aubignac, dans ses Conjectures académiques publiées en 1715, dit qu’Homère n’a jamais existé. Dans Prolegomena ad Homerum, publié en 1795, Wolf nie également l’existence d’Homère.
    En 1793, on publia L’Examen de la question si Homère a écrit ses poèmes.
    Parmi les modernes, il y en a qui vont plus loin et qui osent rendre aux poèmes homériques leur véritable auteur, la Femme.
    Samuel Butler (1835-1902) est de ceux-là. Il publia divers travaux sur l’Odyssée, où il émit l’idée que le véritable auteur de ces poèmes était Nausikaa elle-même.
    Si, maintenant, nous consultons Suidas, il nous dira qu’Hésiode était Atlante et qu’Homère l’était aussi. Du reste, la Grèce ne sait rien de la vie de ce poète, elle ne sait même pas où il est né, et dix-neuf Villes se disputent l’honneur de lui avoir donné le jour.
    Mais, si la Grèce ignore Homère, la Celtide connaît bien Hemœra. Sa ville natale, selon quelques monuments du moyen âge, civitas Sancti Hemeri, est la cité la plus célèbre des Atlantes. Cette ville s’appelle aujourd’hui Saint-Omer et se trouve dans le département du Pas-de-Calais.
    Hemœra est une Déesse dont le nom et l’histoire remplissaient l’Europe, qui joua un grand rôle en Grèce et particulièrement dans l’ancienne Achaïe.
    C’est la Déesse Hemœra qui écrivit les poèmes dits homériques, qui sont considérés comme les livres saints de la Grèce. On les faisait remonter à la Divinité, donc à la Femme Divine, comme les livres sacrés de toutes les autres nations.
    Le nom d’Hemœra masculinisé est devenu Homère. Le nom d’Homère n’est pas grec d’origine et n’a point signifié, comme on l’a dit, aveugle. La lettre initiale O n’est point une négation, mais un article (ho) ajouté au mot phénicien mœra, qui signifie au propre un foyer de lumière et au figuré un Maître, un Docteur.
    Mais le mot mœra est féminin, et c’est l’article féminin he (la) qui le précédait. Ce nom alors était Hemœra.
    Il est facile de comprendre comment le nom fut altéré : en voulant le masculiniser, on remplaça l’article féminin He par l’article masculin Ho, et Hemœra devint alors Homeros. Ce fut tout simplement un changement de genre pour consacrer un changement de sexe. Donc, c’est par antithèse que de mœra, lumière, voyance, on fait d’Homère un aveugle.
    Nous ne connaissons pas les oeuvres originales d’Hemœra, d’abord parce que cet auteur ne les écrivait pas et se contentait de les réciter ou de les chanter, ensuite parce que les traductions que nous en avons ont été faites à une époque relativement moderne et dans un temps où il était d’usage de dénaturer l’histoire de l’antiquité.
    Le grammairien latin Diomède (4ème siècle après notre ère) raconte que la Grèce ayant perdu, par accident, une grande partie des chants d’Homère, Pisistrate, qui attachait un grand prix à la conservation de ces Poésies, fit publier dans toute la Grèce, avec promesse de récompense, l’invitation de lui transmettre les vers que chacun aurait gardés dans sa mémoire. Après avoir reçu d’innombrables morceaux, il réunit 72 grammairiens, les enferma dans des chambres spéciales et fit composer, par chacun, un Homère complet à l’aide des fragments recueillis.
    On croit que c’est Lycurgue (396-323) qui, le premier, rapporta dans la Grèce occidentale les poèmes d’Homère. C’est lui, le mâle législateur, qui en fut le premier éditeur sept ou huit siècles après la mort de leur auteur. Solon et les Pisistratides achevèrent de les fixer par l’écriture.
    La dernière révision des poèmes d’Homère est due à Aristarque de Samothrace (né vers 160). C’est après avoir subi les épurations et les corrections de ce grammairien grec, célèbre par ses études critiques sur les poèmes grecs, que fut fixé le type adopté, d’où sont dérivées toutes les copies que nous possédons.
    Le sujet de l’Iliade est la colère d’Achille. Or, pour qu’Achille ait été en colère, comme Médée, à propos de la conquête du pays par les hommes, il faut qu’Achille ait été, dans le poème primitif, une personne bien attachée à l’ancien régime gynécocratique. Du reste, on nous dit que sa Mère l’avait rendu invulnérable, excepté au talon, en le trempant dans le Styx.
    Or, nous savons que cette légende représentait alors la Femme « mordue au talon » par le serpent, qui représente l’homme vil, celui qui l’attaque lâchement, « par en bas », c’est-à-dire dans son sexe.
    Alors, Achille, c’est la Femme outragée ! On en fait un « fils » de Téthys et de Pelée, roi des Myrmidons, et il aurait été élevé par le centaure Chiron (Khi/Chi-Ro), qui lui enseigna l’art de guérir. Donc Achille guérissait. Mais c’est la Femme qui exerçait la médecine dans les temples à cette époque ! Du reste, toutes ses occupations sont féminines : dans l’Iliade, nous voyons qu’Achille prépare elle-même (?) le repas qu’elle (?) veut offrir à Agamemnon.
    Puis on nous dit que, quand éclata la guerre de Troie, sa mère, sachant qu’il y devait périr, l’envoya déguisé en femme à la cour de Lycomède, roi de Scyros. Voilà donc Achille devenu femme, dans la rédaction revisée, mais à titre de déguisement ; combien cela est significatif ! Ulysse l’emmena au siège où il se signala par les plus glorieux exploits, tua Hector, puis, après dix ans de siège, fut tué par Paris qui lui lança une flèche empoisonnée au talon, seul endroit où il fût vulnérable.
    Tout ceci est évidemment arrangé par les reviseurs. L’Iliade est le récit devenu allégorique de la lutte de sexes en Grèce. On y voit Penthésilée, reine des Amazones, tuée devant Troie.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/la-grece-antique.html
    Cordialement.

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