La réforme constitutionnelle de Macron crée plus de proportionnelle… Ou pas !

La réforme constitutionnelle sensée offrir de la proportionnelle pour mieux représenter les petits partis ne les aidera pas vraiment et pourrait même les affaiblir

La réforme constitutionnelle, voulue par Emmanuel Macron promet plus de proportionnelle à l’assemblée nationale… vers un parlement enfin à l’image de toute la diversité politique du pays ? Perdu !

C’est bien connu, la Vème République, à laquelle la France à dit “OUI” à 82,6% en 1958 sous De Gaulle a toujours surreprésenté les partis dits ”de gouvernement”, garantissant ainsi à notre démocratie une stabilité comme on en voit rarement ailleurs. Mais cette stabilité qui a auparavant profité aux socialistes et aux républicains et qui fait maintenant le bonheur d’En Marche et ses alliés centristes n’est pas au goût des autres partis. Ce système a en effet servi de bouclier républicain face à la montée du Parti Communiste puis du Front National, leur empêchant systématiquement d’avoir un poids au parlement. Les gauchistes et les nationalistes ont ainsi toujours revendiqué la mise en place d’une forme de proportionnelle.

L’idée d’une “dose de proportionnelle” a refait son apparition lors de l’alliance Macron-Bayrou en pleine campagne présidentielle. A l’époque, déjà, il était question de réserver 25% des sièges de l’Assemblée Nationale aux élus issus du scrutin proportionnel… Patatras ! Il n’est déjà plus question que de réserver 15% des sièges à la proportionnelle.

Des circonscriptions moins nombreuses et plus grosses pour casser les fiefs électoraux des opposants

Le nombre d’élus à la proportionnelle ne devrait donc pas dépasser 61 députés sur 404. En effet, la réforme prévoit également de réduire de 30% le nombre de sièges au parlement pour faire passer son nombre de 577 à 404. Mais en soustrayant à ces 404 députés les 61 élus à la proportionnelle, on tombe à 343 sièges élus au scrutin majoritaire, ce qui signifie qu’on passe de 577 à 343 circonscriptions ! Nous assistons donc en réalité à une baisse de 40,55% du nombre de circonscriptions, donc à une incroyable hausse de la surface des circonscription. L’idée ? Casser les fiefs électoraux des partis concurrents qui permettent aux extrémistes comme le PCF, LFI ou le RN d’avoir une poignée de sièges au parlement.

Conserver la majorité parlementaire pour ne pas dépendre des alliés

On est donc bien loin de la volonté pourtant affichée de céder plus de place aux “petits partis”, on cherche même plutôt à les marginaliser encore davantage ! L’objectif ? Que ces partis ne dépassent pas les 15 sièges nécessaires pour avoir un groupe parlementaire et beaucoup plus de temps de parole. D’ailleurs, avec 30% de députés en moins, il sera d’autant plus difficile d’atteindre cette barre fatidique des 15 sièges. Certes, ces petits partis extrémistes sont en quelque sorte les “affreux jojos” de la politique française, mais leurs électeurs apprécieront ce “geste” de Macron. L’idée est aussi qu’LREM ait toujours la majorité à l’assemblée lors du prochain scrutin “sans avoir besoin du Mouvement Démocrate et de François Bayrou”, balance un proche de l’Elysée. En effet, dépendre du MoDem pour voter des lois à l’assemblée, implique de nommer de nombreux ministres issus du parti centriste dont le très encombrant François Bayrou qui ne cache pas son ambition de redevenir ministre après avoir tenu moins d’un mois à la Justice.

Avec la proportionnelle, la LREM (Jaune) veut conserver sa majorité absolue sans avoir besoin du MoDem (orange) ou des constructifs (bleu clair)

Alors que Macron, face à aux éblouissants résultats des législatives de son mouvement semblait reconnaître que son espace politique était surreprésenté, on comprend mieux pourquoi il désire à présent se garantir une immense majorité parlementaire : pour étouffer l’opposition des extrémistes, avoir un pouvoir maximal et ne dépendre de rien ni personne.

https://youtu.be/FcYMJCS7-cU

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