Weinstein est un porc! Ou pas.

Harvey Weinstein est au cœur d’une incroyable affaire de scandales sexuels. L’américain est accusé de viols, agressions et harcèlements sexuels sur une cinquantaine de victimes… De telles révélations libèrent la parole de nombreuses femmes sur les réseaux sociaux. En France, c’est sur Twitter que la plupart d’entres-elles ont dénoncé certaines situations, ou personnes, grâce au hashtag  » #balancetonporc « . Mais est-ce que Weinstein est un porc ?
ou pas!
Doit-on vraiment associer le cochon à Weinstein ?

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’action -légitime- de ces femmes. Notre oupas d’aujourd’hui vise plutôt remettre en perspective l’utilisation du qualificatif de porc, en général. Trop souvent assimilé à des situations péjoratives, faisant référence à la saleté, au dégoût etc. Le porc mérite-il, par exemple,  d’être associé à une énergumène tel qu’Harvey Weinstein ?

L’image que véhicule le porc (ou cochon)

« Gros porc », « manger comme un porc », « caractère (ou tête) de cochon »… Des formules que l’on a déjà tous entendu, voire prononcer. Elles sont -consciemment ou non- péjoratives pour l’animal. Depuis longtemps, l’homme définit le porc comme étant sale, impure, pervers…

Weinstein est un porc
Le porc répugne certains, à tord ?

Le porc est une sous-espèce du sanglier sauvage (Sus scrofa). C’est un mammifère domestique omnivore de la famille des porcins, ou suidés. Le fait qu’il soit omnivore lui confère une incroyable diversité de repas possible. Il a notamment été utilisé pour se débarrasser de cadavres humains, alimentant encore plus sa mauvaise réputation. Le parasite dont il est porteur lorsqu’il se nourrit sur ses semblables, le trichinella, n’a rien fait pour arranger les choses…

Le coup de grâce, pour lui, réside dans le fait qu’il est considéré comme persona non grata par les musulmans et les Juifs. Considéré comme « impur » par ces religions, notamment du fait de sa conservation dans des pays à températures chaudes. Mais qu’en est-il vraiment ?

Le porc est assez proche de l’humain

Selon la thèse de l’historien Mark Essig dans son livre The Lesser Beasts, a snout to tail history of the humble Pig (Les bêtes négligeables: une histoire depuis le groin jusqu’à la queue de l’humble cochon), depuis que l’homme se sédentarise -il y a 10 000 ans- il côtoie des porcs. Pour lui, l’animal le plus consommé au monde, a une personnalité et «ressent les peines et le plaisir».

oupas.
Le cochon est un animal propre, intelligent et sensible

De nombreuses études viennent étayer l’intelligence de cet espèce. Les cochons possèdent en effet une faculté de souvenir extraordinaire, une mémoire « épisodique« . C’est-à-dire que ces derniers se souviennent des événements vécus avec leur contextes : il se souviennent d’émotions plutôt que de faits, prouvant leur capacité d’altruisme et d’empathie. D’après des chercheurs de l’université Emory d’Atlanta, les porcs sont aussi capables de résoudre des tests complexes ou de comprendre un langage symbolique simple et apprendre des combinaisons complexes de symboles. Ce qui les place au-dessus des chiens, éléphants, et quasiment au même niveau que les chimpanzés…

Sa réputation d’animal sale est aussi très répandue. On a tous cet image du cochon couvert de boue et qui aime s’y rouler. Cependant, il faut savoir que les cochons adaptent ce comportement pour se protéger des puces et des coups de soleil. Leur peau ne le permet pas de transpirer, du coup, la boue leur permet aussi de se rafraîchir. Une preuve de plus de son intellect et de sa capacité à s’adapter. Alors arrêtons d’associer le porc avec les supposés détraqués sexuels. Et appelons « un chat », un chat !

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