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“Dans l’Histoire, les Russes n’ont pas souvent attaqué !”

Dimanche dernier, Eric Zemmour défendait sur France 5 que les pays de l’Est avaient rejoint l’Europe davantage pour bénéficier de la protection américaine de l’Otan, que pour l’UE en tant que telle. Alors que selon lui, “Les Russes attaquent peu !” La moue de son interlocuteur indique toutefois un malaise…

“J’ai bien compris, a expliqué le candidat à la présidence, depuis longtemps, que tous les pays de l’Est étaient rentrés dans l’Union européenne, non pas pour l’UE, mais pour l’Otan (…). Pour eux, le plus important, c’est l’Otan parce que c’est la protection européenne. Entre nous, imaginer que la Russie attaque la Pologne : je n’y crois pas ! D’abord, dans l’Histoire, les Russes n’ont pas souvent attaquer. Quand ils ont pris les pays de l’Est c’est parce qu’il étaient attaqués par l’Allemagne”.

En fait, si on regarde l’histoire russe depuis Ivan III et l’extension territoriale de l’ancienne Moscovie, la Russie fut en perpétuelle conquête. Et quand bien même on se cantonnerait à la Russie du XXe siècle, Eric Zemmour oublie que le pays le plus vaste du globe est bel et bien un pays qui attaque. Petit aide-mémoire non exhaustif :

Pacte germano-soviétique. Pologne (1939-1941). Les troupes soviétiques envahissent la Pologne (17 septembre 1939). Le partage de celle-ci entre l’Allemagne et l’URSS est scellé le 28 septembre à Moscou. Finlande. (30 novembre 1939). L’URSS attaque la Finlande, qui résiste plus de trois mois avant de signer, le 12 mars 1940, un traité cédant à l’URSS l’isthme de Carélie. Annexion des Pays Baltes (1940). A la Russie annexe les Pays Baltes qui deviennent des Républiques socialistes soviétiques. Roumanie (1940). Les régions de la Bucovine et de la Bessarabie sont annexées. En un an (septembre 1939-septembre 1940), grâce au pacte germano-soviétique, l’URSS annexe près de 600 000 kilomètres carrés, peuplés de 23 millions d’habitants.

Tchécoslovaquie (février 1948). Coup de Prague : Prise de contrôle de la Tchécoslovaquie par le Parti communiste tchécoslovaque, avec le soutien de l’Union soviétique. Des troupes blindées d’un total de 300 000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie, aboutissant au remplacement de la Troisième République par un régime communiste.

Hongrie (4 novembre 1956). L’artillerie pilonne Budapest, 1 500 chars russes entrent dans Budapest. Plus tôt, le gouvernement légal d’Imre Nagy avait proclamé la neutralité de la Hongrie et son retrait du pacte de Varsovie. Les chars soviétiques réoccupent peu à peu tout le pays. La résistance armée sera brisée en une semaine, les conseils ouvriers et les comités révolutionnaires démantelés en un mois et demi, et les arrestations massives commenceront à la fin de novembre avec la déportation (d’abord vers la Roumanie) d’Imre Nagy.

Tchécoslovaquie. (20 et 21 août 1968). Le 20 août 1968, peu après minuit, une énorme armée de 450 000 soldats du Pacte de Varsovie, 6300 chars, 800 avions et d’innombrables canons, commence à envahir la Tchécoslovaquie et réprime le Printemps de Prague.

Interventions en Afrique. Mozambique. L’URSS aide la guérilla marxiste au Mozambique. Puis la Russie intervient directement dans la corne de l’Afrique. Somalie (à partir de 1969). L’URSS fournit à la nation africaine du matériel comprenant des chasseurs MiG-21, des chars T-55 et T-62 et des véhicules blindés de transport de troupes BTR-60, des systèmes de missiles antiaériens. Éthiopie Les Soviétiques envoient 4 000 conseillers militaires, ainsi que des contingents militaires de pays alliés, comme Cuba et le Yémen du Sud. Suite à l’intervention soviétique, la Somalie a subi une défaite écrasante et a rapidement sombré dans une longue guerre civile…

Afghanistan (décembre 1979). Après le soutien soviétique aux coups d’Etat de 1973 et 1978 dans ce même pays, le Kremlin y envoie plus de 100 000 soldats de l’Armée rouge.

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Valérie Pécresse aurait signé avec Christiane Taubira un appel “pour une République multiculturelle et postraciale” lancé par Rokhaya Diallo et d’autres figures indigénistes…

Cet article publié sur Fdesouche en décembre 2021, la veille du second tour du Congrès Les Républicains afin d’intenter en procès sur son réel engagement à droite, et discréditer la finaliste Valérie Pécresse, s’appuie sur la publication – onze ans plus tôt ! – d’un “Appel pour une république multiculturelle et pos raciale”. Ce, dernier est en effet signé de l’ex-footballeur Lilian Thuram, les historiens Pascal Blanchard et François Durpaire, Rokhaya Diallo, la fondatrice de l’association Les Invisibles, et Marc Cheb Sun, le directeur de la rédaction de Respect Magazine. Pourtant à y regarder de plus près, c’est faux.

Explications. Ce livre est en deux parties. La première relate la visions des 5 auteurs cités plus haut. Tandis que la seconde, on découvre une centaine d’interviews de personnalités de tous horizons. Ainsi, à l’instar de Pascal Obispo, Maud Fontenoy ou Pascal Boniface, Valérie Pécresse ne signe pas le manifeste. Elle répond formule comme 99 autres personnalités, une “proposition concrète pour nourrir de solutions pratiques le nécessaire débat sur notre société”.

En l’espèce, Valérie Pécresse fit une contribution d’une vingtaine de lignes pour « aider les jeunes à oser » en développant notamment des lycées d’excellence (proposition proche des Charter Schools inscrites dans son programme présidentiel). « Car c’est cela le rêve républicain : ne se juger que soi-même et n’être jugé que sur ses capacités et sur son travail ». Une page de texte qui n’engageait qu’elle, de la même manière qu’elle n’était pas engagée ni par les propositions des autres personnalités ni par le texte des cinq signataires de l’ouvrage.

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La bulle informationnelle fausse notre accès à la réalité.

Bulles informationnelles et enfermement intellectuel

De nombreux chercheurs affirment que dès lors que les réseaux sociaux filtrent nos informations perçues en fonction de nos affinités et nos amis, ils nous cacheraient les informations que nous n’aimons pas, auxquelles nous ne sommes pas sensibles, pour nous enfermer dans une sorte de bulle de l’information. En effet, certaines des informations visibles sur des réseaux d’informations tels que Twitter et Facebook, ont été sélectionnées par des algorithmes, en utilisant des données collectées par les plateformes, sur la base de notre utilisation passée, ainsi que des données que nous communiquons volontairement aux plateformes. 

Une bulle informationnelle conduit vers un état d’isolement intellectuel ou idéologique qui peut résulter d’algorithmes, ces derniers nous fournissant uniquement des informations avec lesquelles nous sommes d’accord, et ce sur la base de notre comportement passé et de l’historique de nos recherches. Mais la recherche universitaire sur le sujet montre un tout autre visage des bulles informationnelles, que nous détaillerons ici dans une seconde partie.

Si ces fameuses bulles peuvent faire penser aux chambres d’écho, il est important de faire la distinction entre les deux. Une chambre d’écho est le résultat d’une surexposition à des informations que nous aimons ou avec lesquelles nous sommes d’accord, ce qui peut fausser notre perception de la réalité. Les bulles informationnelles décrivent quant à elles une situation où les informations que nous n’aimons pas ou avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord sont automatiquement filtrées, et nous sont cachées, ce qui peut avoir un effet de restriction sur nos connaissances et notre culture personnelle. 

Des études démontrent le contraire…

Nous en sommes alors à distinguer la personnalisation auto-sélectionnée de la personnalisation présélectionnée. La personnalisation auto-sélectionnée désigne les choix que les individus font, comme lorsqu’ils décident quelles chaînes de télévision regarder et quelles chaînes éviter. On parle alors d’exposition sélective. La personnalisation présélectionnée est la personnalisation imposée aux individus, parfois par des algorithmes, parfois à leur insu. Cela est directement lié à l’idée de bulles de filtre.

Une étude a examiné la manière dont les gens sélectionnent eux-mêmes les informations en ligne par rapport à leur sélection hors ligne. Lorsque les gens sont hors ligne, ils s’en tiennent à quelques-unes de leurs sources d’information préférées. Ils creusent en profondeur dans ces sources d’information et ont tendance à ne pas s’en écarter. En ligne, c’est un peu différent. Les internautes répartissent leur consommation d’informations sur de nombreux sites différents.

Il faut aussi garder à l’esprit que les nouvelles en ligne sont souvent gratuites, de sorte que les gens peuvent échantillonner des informations de différentes sources. Il est de plus établi que la personnalisation auto-sélectionnée est plus importante hors ligne qu’en ligne.

Une étude portée sur les bulles informationnelles a comparé les résultats de recherche via les moteurs de recherche de personnes républicaines et démocrates aux États-Unis. Les résultats obtenus lorsqu’elles recherchaient des sujets politiques étaient plus ou moins les mêmes. Il n’y a donc aucune preuve que les personnes ayant des opinions différentes obtiennent des résultats de recherche différents. 

Il semble alors important de relativiser cette notion de bulle informationnelle. Mettre l’accent sur ces bulles informationnelles pourrait nous empêcher de faire face correctement aux causes profondes de la division à la fois dans la politique et dans la société. C’est pourquoi il est essentiel d’avoir conscience de l’ensemble des facteurs, potentiellement plus importants que les billes filtrantes, étant à l’origine des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Reprendre ses études après 40, il faut oublier : Ou pas !

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La réforme constitutionnelle de Macron entraînera moins de cumul…

La réforme constitutionnelle, si chère à Emmanuel Macron promet une limitation du cumul des mandats dans le temps. Une loi qui promet de faire vraiment avancer l’éthique et le renouvellement en politique ? Raté !

Le cumul des mandats dans le temps est une des nombreuses sources de mécontentement des français à l’égard de leur classe politique. Sa limitation ne pouvait que satisfaire la France qui travaille dur pour gagner peu. Hélas cette réforme vantée par une communication élyséenne parfaite est aussi creuse et incomplète qu’un “B-Ready” sans Nutella ! En effet, ce texte voulu pour empêcher un élu d’être réélu plus de trois fois à un même poste brille par son manque d’ambition et ses failles béantes.

Tout d’abord, tous les maires et patrons de collectivités de moins de 9000 habitants ne sont tout simplement pas concernés par cette réglementation, ce qui exclut de facto 95% d’entre eux ! Parmi les 348 actuels sénateurs, seuls 12 sont menacés par la réforme.

Deuxième grande limite : ces changements ne vont concerner, (sauf modification de dernière minute) que les élections à venir, ce qui signifie que pour le décompte des trois mandats, seuls ceux qui auront lieu après l’application de la loi seront comptabilisés. Vu de cet angle, tout change, imaginez-vous maire depuis 2001, vous pourrez faire trois mandats supplémentaires et être au pouvoir de votre ville jusqu’en… 2038 !

On l’a compris, derrière les annonces, les choses changent peu pour nos élus, mais ce n’est pas tout : il y a en plus de tout cela une énorme faille dans la loi qui casse presque intégralement la faible portée du bouleversement annoncé. En effet, l’interruption d’un mandat pendant une durée supérieure à un an remettra le compteur des années passées au pouvoir à zéro, annulant ainsi l’effet de cette réforme constitutionnelle. Le “Big Bang des institutions” promis par Macron se révèle donc être une simple réglementation sans ambition ni conviction. 

Pour conclure, la réforme constitutionnelle, vendue comme ambitieuse et historique par la macronie n’est en réalité qu’une grosse farce ! Une farce qui restreint peu et mal le cumul des mandats ! Une farce que les français apprécieront !

Pas plus de proportionnelle à l’Assemblée nationale

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La réforme constitutionnelle de Macron créerait plus de proportionnelle…

La réforme constitutionnelle sensée offrir de la proportionnelle pour mieux représenter les petits partis ne les aidera pas vraiment et pourrait même les affaiblir

La réforme constitutionnelle, voulue par Emmanuel Macron promet plus de proportionnelle à l’assemblée nationale… vers un parlement enfin à l’image de toute la diversité politique du pays ? 

C’est bien connu, la Vème République, à laquelle la France à dit “OUI” à 82,6% en 1958 sous De Gaulle a toujours surreprésenté les partis dits ”de gouvernement”, garantissant ainsi à notre démocratie une stabilité comme on en voit rarement ailleurs. Mais cette stabilité qui a auparavant profité aux socialistes et aux républicains et qui fait maintenant le bonheur d’En Marche et ses alliés centristes n’est pas au goût des autres partis. Ce système a en effet servi de bouclier républicain face à la montée du Parti Communiste puis du Front National, leur empêchant systématiquement d’avoir un poids au parlement. Les gauchistes et les nationalistes ont ainsi toujours revendiqué la mise en place d’une forme de proportionnelle.

L’idée d’une “dose de proportionnelle” a refait son apparition lors de l’alliance Macron-Bayrou en pleine campagne présidentielle. A l’époque, déjà, il était question de réserver 25% des sièges de l’Assemblée Nationale aux élus issus du scrutin proportionnel… Hélas ! Il n’est déjà plus question que de réserver 15% des sièges à la proportionnelle.

Des circonscriptions moins nombreuses et plus grosses pour casser les fiefs électoraux des opposants

Le nombre d’élus à la proportionnelle ne devrait donc pas dépasser 61 députés sur 404. En effet, la réforme prévoit également de réduire de 30% le nombre de sièges au parlement pour faire passer son nombre de 577 à 404. Mais en soustrayant à ces 404 députés les 61 élus à la proportionnelle, on tombe à 343 sièges élus au scrutin majoritaire, ce qui signifie qu’on passe de 577 à 343 circonscriptions ! Nous assistons donc en réalité à une baisse de 40,55% du nombre de circonscriptions, donc à une incroyable hausse de la surface des circonscription. L’idée ? Casser les fiefs électoraux des partis concurrents qui permettent aux extrémistes comme le PCF, LFI ou le RN d’avoir une poignée de sièges au parlement.

Conserver la majorité parlementaire pour ne pas dépendre des alliés

On est donc bien loin de la volonté pourtant affichée de céder plus de place aux “petits partis”, on cherche même plutôt à les marginaliser encore davantage ! L’objectif ? Que ces partis ne dépassent pas les 15 sièges nécessaires pour avoir un groupe parlementaire et beaucoup plus de temps de parole. D’ailleurs, avec 30% de députés en moins, il sera d’autant plus difficile d’atteindre cette barre fatidique des 15 sièges. Certes, ces petits partis extrémistes sont en quelque sorte les “affreux jojos” de la politique française, mais leurs électeurs apprécieront ce “geste” de Macron. L’idée est aussi qu’LREM ait toujours la majorité à l’assemblée lors du prochain scrutin “sans avoir besoin du Mouvement Démocrate et de François Bayrou”, balance un proche de l’Elysée. En effet, dépendre du MoDem pour voter des lois à l’assemblée, implique de nommer de nombreux ministres issus du parti centriste dont le très encombrant François Bayrou qui ne cache pas son ambition de redevenir ministre après avoir tenu moins d’un mois à la Justice.

Avec la proportionnelle, la LREM (Jaune) veut conserver sa majorité absolue sans avoir besoin du MoDem (orange) ou des constructifs (bleu clair)

Alors que Macron, face à aux éblouissants résultats des législatives de son mouvement semblait reconnaître que son espace politique était surreprésenté, on comprend mieux pourquoi il désire à présent se garantir une immense majorité parlementaire : pour étouffer l’opposition des extrémistes, avoir un pouvoir maximal et ne dépendre de rien ni personne.